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Visual Studio Online et son adoption avec Brian Harry

Écrit par Pierre Queinnec le 19 déc. 2013 |

Lors de l'ALM Summit organisé dans les locaux de Microsoft France, InfoQ FR a pu profiter de la venue de Brian Harry et Ed Blankenship en France pour poser toutes les questions sur Visual Studio Online, mais aussi savoir si les équipes Windows et Office l'ont adopté en interne, l'intégration Eclipse et Android Studio, les statistiques de Git versus TFVC, le retour sur UserVoice, et plein d'autres sujets. Brian Harry est responsable des Developer Services et Microsoft Technical Fellow ; Ed Blankenship est Product Manager de Visual Studio Online, et Jean-Marc Prieur est Senior Program Manager.

InfoQFR : Bonjour à tous, vous êtes à Paris en ce moment pour parler de Visual Studio Online, et les nouvelles fonctionnalités qui arrivent dans cette version. Est-ce qu'aujourd'hui, vous voyez émerger un lien commun dans les sociétés qui choisissent d'utiliser la version en ligne plutôt qu'un TFS hébergé chez eux ?

Brian Harry : Je pense qu'il y a effectivement des liens. La première chose, c'est que nous voyons beaucoup de petites équipes qui ne veulent pas perdre du temps à configurer et manager de l'infrastructure, mais veulent juste démarrer rapidement. Ces petites équipes ont tendance à grossir et à devenir plus grande au fil de l'eau, mais c'est un trait commun que nous observons. La seconde tendance, ce sont les sociétés de consulting, car elles veulent se lancer rapidement avec leurs clients. Ils ne veulent pas se soucier du réseau, de la gestion des identités, de ce genre de choses. Ils peuvent créer des comptes dans le cloud, permettre au client d'accéder à leur travail, travailler ensemble pendant un moment, et lorsqu'ils ont terminé, ils peuvent transférer le projet complet à leur client qui possède alors le tout. Ils peuvent ensuite passer au prochain client avec lequel ils bossent. Je dirais que ce sont les deux motifs communs d'adoption que nous avons vus.

Ed Blankenship : Et je vois aussi pas mal d'équipes distribuées. Vous pouvez avoir un client qui utilise son propre Team Foundation Server hébergé chez lui, mais pour certains projets ils souhaitent avoir des contributeurs externes, par exemple des prestataires, des éditeurs, des clients avec lesquels ils souhaitent pouvoir interagir. Dans ce cas ils peuvent avoir des projets dans les deux, à la fois sur leur TFS et dans le cloud.

InfoQFR : Il doit aussi y avoir un gain de temps quantifiable sur le temps nécessaire à faire entrer un nouveau collaborateur dans une équipe ?

Brian Harry: Oui, la mise en route est vraiment facile. Nous voyons trois raisons pour lesquelles les personnes choisissent le service. La première c'est la facilité de démarrage ; la seconde c'est de ne pas avoir à maintenir le matériel, les montées de version de l'OS, et toutes les autres choses que l'on a à faire quand on maintient un service ; enfin la troisième, ce sont les mises à jour continues. Ils aiment le fait que toutes les trois semaines, nous sortions de nouvelles fonctionnalités et nous améliorions le produit. Je raconte souvent que nous suivons le top 20 environ des clients de notre service, et nous développons une relation avec eux pour qu'ils nous aident en nous donnant des retours précis, et que l'on puisse travailler avec eux. Il y a un an, un de nos plus gros clients de l'époque a décidé d'abandonner le service et de passer à un TFS hébergé chez eux. C'est un comportement assez commun, où une petite équipe dans la société commence à l'utiliser, et l'usage grandit de plus en plus, jusqu'à un moment où le management dit "attendez, ce n'est pas possible d'utiliser le cloud pour ça, vous ne pouvez pas faire ça", et ils migrent vers un TFS chez eux. Mais il y a un mois, ils sont revenus. Nous leur avons demandé pourquoi, et leur réponse a été, les mises à jour en continu, le fait d'avoir systématiquement les nouvelles fonctionnalités, c'était tellement intéressant pour eux qu'ils ont réussi à convaincre leur management d'accepter le cloud en tant que véhicule.

InfoQFR : Est-ce que vous voyez des usages spécifiques chez les utilisateurs, un exemple pourrait être le télé-travail ? Avec toutes les statistiques que vous pouvez rassembler sur l'utilisation précise du service, par opposition à l'utilisation "on-premises", vous pouvez probablement prendre de meilleures décisions sur la feuille du route du logiciel ?

Brian Harry: Absolument. Nous n'avons pas essayé de détecter cet exemple précis de motif d'usage, mais il est tout à fait certain que l'une des meilleures choses du cloud est de pouvoir y accéder de partout. En ce qui concerne l'observation plus large des personnes qui utilisent le service, nous utilisons tout le temps cette propriété. En fait, dans notre méthodologie projet, chaque fois que nous sortons une nouvelle fonctionnalité, la première chose que nous faisons, c'est de déterminer un ensemble de métriques que nous prenons, pour évaluer le succès de la fonctionnalité et en apprendre plus. Nous regardons bien sûr des choses comme la région géographique des utilisateurs, le navigateur, les versions d'IDE utilisées, le pourcentage d'utilisateurs qui créent des dépôts de code Git plutôt que Team Foundation Version Control, combien et à quelle fréquence les équipes utilisent les Team Rooms. Toutes ces choses sont très importantes pour nous permettre de comprendre quels sont les investissements que nous devons faire.

InfoQFR : Est-ce que, justement, vous pouvez nous donner les chiffres actuels d'adoption de Git vis-à-vis du Team Foundation Version Control ?

Brian Harry : Oui, tout à fait. En ce moment, les dépôts Git représentent 17%, et TFVC 83%. L'utilisation de Git a commencé à augmenter graduellement, mais est encore une minorité. La plupart des personnes choisissent Team Foundation Version Control.

InfoQFR : Y'aura-t-il une place de marché intégrée à Visual Studio Online pour les plugins tierce-partie, un peu comme il y a un marché pour ces addons pour TFS ?

Brian Harry : Il y a un riche écosystème pour les addons TFS, et on peut en récupérer sur CodePlex, sur la Gallerie Visual Studio, on peut en acheter un peu partout. Pour le service en ligne, pas encore. Nous n'avons pas encore exposé toute l'extensibilité requise pour permettre que ce soit possible. Clairement, la version en ligne rend cela plus compliqué, car il faut faire attention. On ne peut pas héberger le code de quelqu'un d'autre sur nos serveurs car cela créerait un problème de management et de sécurité. Il faut aller sur un modèle comme ce que SharePoint a fait, dans la dernière version, où ils sont partis vers un modèle couplé de façon plus lâche. Ils exposent des événements et une API, et les plugins peuvent écouter ces événements et réagir en utilisant les API. Et c'est le modèle vers lequel nous nous dirigeons, mais nous ne l'avons pas encore exposé aujourd'hui. D'ici-là, l'extensibilité côté serveur restera limitée. Côté client, on peut au contraire trouver des plugins pour Visual Studio ou Eclipse qui font à peu près tout ce que vous voulez.

Ed Blankenship : Il y en a quelques-uns qui sont très populaires en conjonction avec le service en ce moment, par exemple le plugin pour Visual Studio qui permet d'interagir dans les Team Rooms directement depuis VS.

Brian Harry : Nous avons construit les team rooms comme une fonctionnalité purement web, mais un de nos MVP a écrit un plugin Visual Studio qui permet d'en profiter directement dans votre IDE. Oui, côté client, des plugins il y en a des tonnes.

InfoQFR : Pour parler un peu de l'intégration à Eclipse, quel est l'état actuel et y-a-t'il une volonté d'être à égalité avec VS ?

Brian Harry: Oui, nous avons eu l'intégration Eclipse depuis quelques années maintenant, et elle est plutôt pas mal. Je vais être un peu moins humble et dire que je pense que c'est la meilleure intégration d'ALM dans Eclipse. Elle est un peu en retard sur notre intégration VS et nous sommes en train de travailler pour réduire cet écart. En fait, il y aura toujours un petit retard. La prochaine fonctionnalité à sortir est la revue de code, c'est le point le plus important sur lequel nous travaillons actuellement. Les utilisateurs d'Eclipse doivent pouvoir participer à des revues de code, et cela sera donc disponible dans le courant du printemps. A chaque release nous essayons d'intégrer toutes les nouvelles fonctionnalités.

InfoQFR : Il y a eu, il y a quelques temps, un débat sur le fait que TFS ou Visual Studio Online n'était pas largement utilisés par les équipes de Microsoft, et notamment les équipes Office et Windows. Quel est le statut actuel de ces bases de code et de ces équipes de très grande taille ?

Brian Harry: En comptant tout, il y a 45 000 personnes chez Microsoft qui utilisent TFS régulièrement, au moins chaque mois. Il y a de grosses équipes effectivement, Windows et Office, qui ne l'utilisent pas encore pour tout. Ils l'utilisent pour certaines choses, souvent le premier pas c'est d'utiliser le suivi de tâches. La gestion des sources est le gros point car c'est très difficile de changer pour d'aussi grosses équipes avec autant de legacy. Surtout parce que les outils de gestion de versions deviennent rapidement enracinés. Cela dit, nous sommes en cours de discussion avec ces deux équipes précises sur la possibilité de migrer dans le courant de l'année prochaine. Donc je m'attends à ce que dans quelques années, on fasse un bilan et que les deux équipes l'aient adopté. Mais ces choses prennent du temps.

InfoQFR : Avez-vous une version spéciale de Visual Studio Online pour les agences et les organisations gouvernementales, une sorte de GovCloud ?

Brian Harry : Non, la plupart de nos clients dans ce segment hébergent leur propre TFS. Pour Visual Studio Online, ce n'est pas dans nos projets. Nous avons actuellement un datacenter mondial, à Chicago, dans lequel nous hébergeons VS Online. Nous sommes en train de travailler sur ce que nous appelons le "multi-instances support". La première étape sera d'ajouter un datacenter ici en Europe, probablement à Amsterdam. Et nous construirons graduellement. A un moment, avoir une offre privée gouvernementale, ou même plusieurs pour plusieurs gouvernements, peut avoir du sens. Mais nous suivrons probablement le lead d'Azure, car nous sommes basés sur Azure et donc nous ne pourrons aller que là où est Azure. Mais au fur et à mesure qu'Azure ajoutera des points pour répondre à la demande des clients, alors VS Online aussi.

InfoQFR : Actuellement, pour un développeur Java qui souhaite utiliser Azure pour construire et déployer une application, disons JEE, quels sont les outils recommandés en termes d'IDE, de plate forme d'intégration continue ?

Brian Harry : Nous avons des intégrations pour Eclipse et Android Studio, donc on peut utiliser un des deux. On peut les configurer pour l'intégration continue. Nous sommes en train de travailler sur le fait de pré-installer des JDK sur nos plates-formes d'intégration continue, pour que vous n'ayez pas à le faire.

Ed Blankenship : Pour Java, on peut faire de la revue de code, du suivi de tâches, de la QA et du suivi des tests, mais aussi des builds, du test de charge, et maintenant aussi utiliser Application Insights [NdR: voir ici]. Nous avons vraiment essayé de créer une excellente expérience de bout en bout pour les développeurs Java.

InfoQFR : A propos de mobilité justement, y'aurait-il un type particulier de client qui utilise VS Online, par exemple des développeurs d'applications mobile, ou des éditeurs SaaS ?

Brian Harry : Je n'ai pas vraiment vu cet angle. Je dirais qu'il y a plutôt une corrélation avec l'Agilité. Les équipes qui font du développement Agile sont plus sensibles et ouvertes à utiliser le cloud. Sinon je pense qu'il y aurait effectivement du sens pour une corrélation avec les développeurs d'applis mobile, mais je n'en ai pas vu statistiquement. Il y a du sens aussi en termes d'applis web contre applis desktop. Mais dès que tu comptes les applis mobiles et web, alors tu as un sacré nombre d'applications en cours d'écriture.

InfoQFR : Vous utilisez un service, UserVoice, pour prendre des retours de vos utilisateurs et prioriser les fonctionnalités demandées. Est-ce que cela marche et à quel point ?

Brian Harry : Oui, nous utilisons UserVoice, et à chaque exercice de planification de sortie d'une version, nous repassons les commentaires et nous regardons ce que les utilisateurs nous demandent. Nous essayons d'avancer sur leurs points, et nous avons d'ailleurs réalisé de grosses demandes sur UserVoice. Il y a quelques points difficiles que nous n'avons pas pu faire pour l'instant. Par exemple le numéro un, "Rename Team Project". Les gens me harcèlent pour savoir pourquoi on ne l'a toujours pas fait. C'est normal, je l'accepte. Il y a des points sur UserVoice qui sont simples, d'autres sont carrément difficiles. Pour certains, la difficulté n'est pas proportionnelle aux bénéfices. Mais la bonne nouvelle c'est que nous sommes en train de travailler sur Rename maintenant, alors j'espère que nous l'aurons rapidement. Probablement pas d'ici Noël, mais en tout cas j'espère que les gens seront contents. C'est dommage que nous ne l'ayons pas tout de suite.

Ed Blankenship : C'est un problème classique.

Brian Harry : C'est vraiment plus dur qu'il n'y paraît. Mais ça ne devrait pas l'être.

Ed Blankenship : J'ai une histoire rigolote là-dessus. Quand j'ai passé des entretiens, en fait pour entrer chez Microsoft, Doug m'a demandé "comment résoudre ce problème ?", et je lui a dit, "Oh ! Avons-nous une heure devant nous ?". C'est plutôt dur.

InfoQFR : Merci à tous pour cette discussion !

Brian Harry : Merci !

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