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L'enseignement de la programmation aux enfants
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Interview avec Aline Paponaud et Audrey Neveu par Eric Bellemon le 30 mai 2013 |
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07:29

Bio Aline Paponaud et Audrey Neveu sont développeuses chez Sfeir. La première fait du .Net, la seconde du Java mais ça ne les empêche pas de partager la même vision du métier de développeur. C'est pourquoi elles ont lancé Programatoo, une initiative pour enseigner la programmation aux enfants.

Mix-IT est l’aboutissement de la collaboration entre le Lyon Java User Group et le Club Agile Rhône-Alpes (première édition en 2011). Mix-it est né d’une envie commune de créer une conférence à Lyon accessible à tous, sur l’agilité, l'écosystème Java et les innovations IT, Web ou mobile. Le staff de Mix-it vous accueille pour des sessions d’expertise, des jeux et des rencontres.

   

1. Quelle initiative vous amène ici aujourd'hui ?

Audrey : C'est Programatoo, tout simplement, c'est l'apprentissage de la programmation aux enfants.

   

2. D'où vous est venue cette idée ?

Aline : A une conférence, je ne sais plus laquelle, je discutais avec quelqu'un, qui était un papa, et qui avait eu envie de faire ça, de se retrouver à plusieurs papa et de faire des ateliers pour leurs petits. J'ai trouvé ça super, et je me suis dit il faut que l'on fasse un truc avec des enfants. Donc j'en ai parlé à Sfeir,

Audrey : Techniquement, elle est venue m'en parler à moi, en traversant le couloir en criant qu'elle avait une idée géniale.

Aline : Voilà, je lui ai dit qu'il fallait que l'on fasse quelque chose. On ne savait pas trop les contours de ce que l'on allait faire. Mais c'était quelque chose autour de la programmation et des enfants.

   

3. Quelle est la principale difficulté d'enseigner à des enfants ?

Aline : le fait que ce soit des enfants !

Audrey : le truc dont on a le plus de mal c'est de les intéresser à de la vraie programmation finalement. Parce que l'on a des outils, genre Scratch, où c'est des briques, c'est sympa et ludique. On aborde ça avec le jeu. Et en fait quand on veut aller un petit peu plus loin, et introduire la notion d'objet, on va taper des lignes de codes, là ça devient plus compliqué.

Aline : oui voilà c'est plus sur la continuité, que l'on ne passe pas toujours forcement. C'est dur de passer de quelque chose de très ludique à passer à des trucs que l'on fait plus au quotidien.

Audrey : et qui demande beaucoup plus d'effort pour avoir un résultat qui va être moindre. Parce que ça va être juste un Hello World en console, et ce n’est pas pareil que l'animation de Scratch.

Aline : mais c'est pas pareil avec tous les enfants. Il y a des enfants au contraire qui adorent.

Audrey : voilà, des fois on a d'autres qui nous ont scotché "ah non, mais moi Scratch, je sais pas quoi faire avec, ça me plait pas ton truc"

Aline : "et je préfère faire du code" Audrey: voilà, donc là nous on est super heureuse.

   

4. Quels sont les moyens ludiques que vous avez trouvés pour les motiver ?

Audrey : c'est essentiellement les outils dont on parlait, c'est Scratch,

Aline : principalement Scratch, c'est le plus ludique. En gros c'est comme un IDE, à gauche il y a des blocs, qui disent "avance", "quand il m'arrive ça, je fais ça", etc. Il y a tous les concepts de programmation, il y a des if, il y a tout. C'est écrit en français, en anglais, ou autre. Et à droite on voit l'exécution. On voit un petit bonhomme qui se balade en fonction de ce que l'on fait. On peut rajouter des objets. Un autre qui est très ludique, mais que l'on n'utilise pas beaucoup parce qu'il demande une bonne machine avec de bonnes ressources ou une xbox, c'est Kodu. Donc là c'est carrément un jeu en 3D, on arrive avec la manette, on sélectionne un objet, on peut le programmer, on peut le faire manger des pommes, tuer des méchants.

Audrey : et puis en même temps c'est aussi pour des enfants un petit peu plus grand. Nous on a commencé avec les enfants de nos collègues, et on ne peut pas demander la même chose à des enfants qui ont 5-6 ans qu'a des enfants de 10-14 ans comme il faudrait pour Kodu.

Aline : Scratch, ça marche pour n'importe quel âge.

   

5. Donc les retours sont plutôt bons ?

Audrey : oui, le dernier atelier, on était là: bon on arrête dans 10 minutes, dans 10 minutes on n'a plus de salle. "Noooon je veux finir". On a plus de mal à les décrocher finalement. Tu as aussi la variante si tu fais ça dans ta famille et que tu reviens la fois d'après et que tu n'as pas amené le PC, on te dit "on n’avait pas fini l'animation !".

   

6. Imaginons que j'ai un enfant de 10 ans, quels conseils me donneriez-vous pour l'initier à la programmation ?

Audrey : au tout début c'est vraiment Scratch qui est une bonne amorce.

Aline : oui, comme outil Scratch, et sinon comme état d'esprit, considères que tu es aussi un enfant de 10 ans et que tu découvres en même temps.

   

7. Est-ce que vous pensez que l'on devrait enseigner la programmation à l'école primaire à l'instar de l'anglais ?

Audrey : clairement oui. La question elle ne se pose même pas. Dans le monde où on est, ce n’est pas logique que l'on n'apprenne pas à coder à l'école.

   

8. Après Devoxx4Kid, Programatoo, vous avez d'autres projets en cours ?

Aline : Programatoo est plus qu'en cours. Ça englobe beaucoup de choses. On a commencé par des petits ateliers, on aimerait bien élargir notre public, de sortir un peu du milieu enfant de dév. On essaye d'aller toucher un peu plus les écoles, les mairies, etc.

Audrey : ça, c'est un peu du long terme. Ça nous demande un travail assez soutenu.

   

9. Justement, vous avez des contacts avec l'éducation nationale, les mairies ?

Audrey : on essaye. On multiplie les pistes. Aline: il y a effectivement cette partie où on va toucher les mairies. Et niveau éducation nationale, on a fait connaissance avec le groupe de travail qui a fait revenir l'informatique en option au lycée en terminale et qui est en train de bosser sur les programmes de collège et d'école primaire. On est intervenu une fois à leur réunion. Donc on va essayer de continuer à participer.

Merci beaucoup d'avoir répondu à toutes nos questions

Audrey et Aline : Merci à vous

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