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Interview Laurent Morisseau à Lean Kanban France
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Interview avec Laurent Morisseau par Dimitri Baeli le 04 déc. 2013 |
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12:08

Bio Coaching et formation Agile Kanban - Certifié Scrum Coach (CSC) - Kanban Coaching Professional (KCP) - Auteur du livre Kanban pour l'IT et formateur.

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1. InfoQFR : Bonjour Laurent, peux-tu te présenter ?

Laurent Morisseau, coach agile et coach Kanban depuis plus de 5 ans, je travaille plus particulièrement en Bretagne et je suis le président de l'association Lean Kanban France.

   

2. Comment as-tu découvert Kanban ?

Par "the hard way" comme disent les Anglais. Ma première mission en tant qu'indépendant il y a plus de 5 ans, je l'ai commencée comme Scrum Master. Il y avait un besoin d'agilité sur un projet mais c'était dans un contexte de migration outillée très loin du coeur de cible de l'agilité. Et Scrum ne marchait pas. Comme première mission pour un indépendant, échouer dès la première semaine, c'était un peu compliqué. Donc il a fallu que je cherche ailleurs pour répondre au besoin d'agilité métier pour ce projet-là. A l'époque on ne parlait pas de Kanban mais de développement en flux (avec Donald Reinertsen), de Scrumban (avec Corey Ladas) et ces approches là était pertinentes dans mon contexte. Petit à petit de projets en projets j'ai essayé, expérimenté et éprouver que l'approche était robuste et répondait à des problématiques d'agilité.

   

3. Donc pas mal d'expériences de coaching. Et après, qu'est-ce qui t'as poussé jusqu'à écrire un livre ?

Après ces projets expérimentaux, j'ai abordé des projets de plus grande ampleur, de plusieurs milliers de jours/homme sur plusieurs années, et la sortie de cette expérience qui avait permis de voir un peu les tenants et les aboutissants et les impacts à plus long terme de cette méthode. J'ai pris un peu de recul, et je me suis demandé comment je pouvais formaliser cette approche pour proposer simplement mes missions de coach Kanban à des clients. Donc j'ai commencé à écrire une démarche d'abord pour moi, parce que les livres qui existaient à l'époque en anglais traitaient plutôt des concepts et des pratiques, plutôt que d'une démarche. Et, à force d'écrire, je me suis rendu compte qu'il y avait matière à aller plus loin et à écrire un livre. C'est ça qui m'a amené à écrire Kanban pour l'IT.

   

4. Une belle expérience et un apport d'un contenu original en français. Et ensuite, avec tes rencontres avec David (Anderson) et Don Reinertsen et l'idée d'organiser une conférence (Lean Kanban France 2012). Quelle a été la motivation pour passer d'un livre à l'organisation d'une conférence ?Un belle expérience et un apport d'un contenu original en français. Et ensuite, avec tes rencontres avec David (Anderson) et Don Reinertsen et l'idée d'organiser une conférence (Lean Kanban France 2012). Quelle a été la motivation pour passer d'un livre à l'organisation d'une conférence ?

Tu parles d'acteurs internationaux, des leaders de cette communauté. Je les ai d'abord rencontrés pour monter en compétences au travers de formations, de conférences. Je suis allé un peu à droite à gauche les rencontrer à ces moments-là, et lorsque j'étais en train de lire le livre, s'est posée la question de la diffusion de cette connaissance en France. Il y avait des acteurs qui n'étaient pas forcément visibles. L'idée, c'était de rendre visibles ces acteurs qui étaient capables de faire du Kanban en France plus largement. J'ai donc discuté avec David Anderson qui porte la Lean Kanban University, l'institution autour du Kanban, qui proposait déjà des conférences Kanban dans différents pays. Je lui ai proposé de monter cette conférence en France dont c'était la première édition en 2012, et il a accepté. Donc, on a ce partenariat avec la Lean Kanban University également cette année, pour avoir une portée de plus grande ampleur, et avoir la caution des leaders.

   

5. Qu'elle communauté a été construite autour de ces actions, ce livre, ces conférences ? Où est-ce qu'on la retrouve ?

La communauté est naissante, on l'a construite autour de la communauté kanbandevfr qu'on trouve sur internet et autour de l'association Lean Kanban à l'origine de cette conférence. Elle est clairement naissante, même si la bonne surprise est que des acteurs émergent qui ne sont pas les mêmes que l'année dernière. Il y a encore beaucoup de travail à faire pour diffuser. Cette communauté se construit principalement autour de ces conférences, mais pas encore assez tout au long de l'année.

   

6. Il y aussi un axe de formation, peux-tu nous en parler ?

Pour diffuser le Kanban et n'importe quelle méthode en France il faut passer par des retours d'expérience, par des ressources en français. L'idée du livre en est une, qui a été complétée par la démarche d'Alexis Nicolas qui à organisé la traduction du livre de David (Anderson) en francais ( Kanban evolutionary change ) pour permettre une diffusion plus large. Mais ça passe également par de la formation. Je fais des formations depuis plusieurs années mais je ne suis pas le seul. Ce sont des formations au goutte à goutte. On n'a pas encore passé le pas d'une formation de plus grande ampleur donc on utilise des stratégies pour diffuser plus rapidement. Par exemple on propose avec la fédération Agile depuis plus d'un an des formations en binôme en s'appuyant sur les leaders Agiles locaux comme Alexandre Boutin à Grenoble, Claude Aubry à Toulouse, Romain Couturier à Lyon, etc ... la formation sert également à faire monter en compétence les opérationnels qui vont faire, mais aussi les futurs acteurs du Kanban en France.

   

7. Donc une communauté de formateurs. Mais que vois-tu comme communauté d'acteurs en France ?

C'est justement là où il y a un manque. On manque d'initateurs locaux pour alimenter cette communauté. Le groupe (de discussion) Google est une action mais elle n'est pas suffisante. Il faut que les gens participent de manière beaucoup plus active à cette communauté. Aujourd'hui on a des initiatives, comme Alexis (Nicolas) qui à lancé la construction d'un jeu Kanban en Français ( Kanbanzine ) qui a permis à des gens comme moi, toi Dimitri (Baeli) ou Guillaume (Lours) d'aller montrer Kanban à des conférences. Ca c'est une vraie initiative. Et les principales initiatives que je vois sont sous forme de sessions dans les conférences Agiles, ce qui est déjà bien car l'agilité fait partie des early adopters du Kanban.

   

8. Donc nous sommes dans l'échange d'informations de France à France. Vers quoi on essaie d'aller pour la suite ?

Déjà l'étape première a été de prendre l'information de la communauté internationnale et de la re-traduire en France, et ça a pris quelques années. La deuxième étape est de s'alimenter de nos retours d'expérience, car on a des spécificités françaises qui font qu'on ne fait pas du Kanban comme ailleurs, comme on ne fait pas de l'agilité comme ailleurs. Il n'y a qu'à voir comment le livre de Claude Aubry sur Scrum évolue à sa façon. L'étape d'après ce sera de revenir vers la communauté internationale pour montrer qu'on contribue à faire évoluer Kanban. Car Kanban est une démarche évolutive, elle vit encore. Et on a des choses à donner. Par exemple la démarche présentée dans mon livre n'est pas encore reproduite dans d'autres livres. Il faut aller porter ceci en dehors de France, ce sera la démarche d'après.

   

9. Donc un appel vraiment à contribution, à faire des retours...

On sait en faire, on a prouvé qu'on savait en faire. Sur des lignes de produits, des gros projets dans différents contextes que ce soient des éditeurs ou des DSI. Maintenant, ce qu'on voit quand-même en termes de maturité, c'est que les équipes butent un peu sur la deuxième partie de l'approche Kanban qui n'est pas simplement de gérer des tâches, fluidifier son travail mais de faire évoluer son processus. La première partie, vivre au quotidien le Kanban, il n'y a pas de soucis, mais le faire évoluer c'est plus difficile et en France on bute un petit peu là-dessus et tout ce que ça tire comme les indicateurs, les évolutions, les modèles d'amélioration continue. Il y a des acteurs qui savent faire, comme Yannick Quenec'dhu par exemple qui parle beaucoup d'indicateurs, mais de manière trop ponctuelle et trop fragmentée. Après on a encore des thèmes avec beaucoup de potentiel mais où on n'a pas encore la maturité en France, même s'il y a des expérimentations et des sociétés qui font déjà des projets pilotes. Et je pense en particulier à de la gestion de portefeuilles (de projets) en Kanban qui, on le voit dans cette conférence cette année, est un sujet assez fort. Thomas Lissajoux animait d'ailleurs une table ronde sur le sujet avec des experts internationaux ( cf Table ronde ...). C'est une vraie matière mais on n'a pas encore cette maturité en France.

   

10. Ce qui est un peu le thème du fondement de Kanban, il se construit en le faisant. Et son niveau de maturité ?

On sait en faire, on a prouvé qu'on savait en faire. Sur des lignes de produits, des gros projets dans différents contextes que ce soient des éditeurs ou des DSI. Maintenant, ce qu'on voit quand-même en termes de maturité, c'est que les équipes butent un peu sur la deuxième partie de l'approche Kanban qui n'est pas simplement de gérer des tâches, fluidifier son travail mais de faire évoluer son processus. La première partie, vivre au quotidien le Kanban, il n'y a pas de soucis, mais le faire évoluer c'est plus difficile et en France on bute un petit peu là-dessus et tout ce que ça tire comme les indicateurs, les évolutions, les modèles d'amélioration continue. Il y a des acteurs qui savent faire, comme Yannick Quenec'dhu par exemple qui parle beaucoup d'indicateurs, mais de manière trop ponctuelle et trop fragmentée. Après on a encore des thèmes avec beaucoup de potentiel mais où on n'a pas encore la maturité en France, même s'il y a des expérimentations et des sociétés qui font déjà des projets pilotes. Et je pense en particulier à de la gestion de portefeuilles (de projets) en Kanban qui, on le voit dans cette conférence cette année, est un sujet assez fort. Thomas Lissajoux animait d'ailleurs une table ronde sur le sujet avec des experts internationaux ( cf Table ronde ...). C'est une vraie matière mais on n'a pas encore cette maturité en France.

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